Chroniques et Tribulations

mardi 15 avril 2014

Flânerie et gourmandises à Marseille

Vendredi, j'ai profité d'un rendez-vous chez le médecin pour joindre l'utile à l'agréable : je me suis offert un temps pour moi : quelques heures de solitude et d'errance dans ma ville. 

Si tu aimes regarder les infos de 20h de TF1, tu dois te dire que Marseille, c'est comme Chicago
Genre à tous les coins de rues, un maniaque t'attend pour te donner un coup de couteau en plein coeur
Ou que les balles sifflent en permanence dans les rues ambiance "Règlement de compte à Ok Corral"
Ou que tu peux pas aller en ville sans te faire dépouiller de tous tes biens et être obligé de rentrer chez toi en sous-vêtements. 
Ou que les poubelles débordent de partout et que tu peux pas prendre le métro sans te faire harceler par des relous (Ok, la dernière phrase n'est pas entièrement fausse).

Pourtant, Marseille, qui a tous les défauts aux yeux des médias, regorge quand même de beauté...  

 

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 Pour commencer, je me suis offert une pause ensoleillée sur la terrasse de Minoofi avec ce délicieux bagel au saumon. L'enseigne, célèbre pour ses cheesecakes et cupcakes, propose aussi du salé. Un déco pastel toute mignonne et girly, des petits délices et un service au top, tout est là pour être conquis !Je ne l'ai pas pris cette fois-ci mais le cheesecake à la cerise noire est à tomber dans les pommes.  

Minoofi Bakery - 10, rue de la loge - 13002 Marseille
(autre enseigne au 104 rue paradis)

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Ensuite, j'ai grimpé les marches de la célèbre montée des Accoules (difficile avec un bagel dans l'estomac) pour arriver dans le Quartier du Panier, le plus vieux de la ville. 

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Après quelques minutes, j'arrive à la Vieille Charité où, jusqu'au 22 juin, se tient l'expo Visages, avec notamment des peintures de Picasso, Magritte, Warhol. 
Autant être honnête, je n'ai pas vraiment aimé cette expo, surtout certaines les peintures ou installations d'art contemporain... (De qui se moque-t-on?) Il y a tout de même quelques tableaux et belles pièces d'archéologies intéressantes qui valent le détour.

Exposition Visages - Centre de la Vieille Charité - 2, rue de la Charité - 13002 Marseille
Ouvert tous les jours de 10h à 18h. 
 

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 Puis je suis redescendue par la place de Lenche, où, après une longue hésitation entre yaourt et Navette, j'ai craqué pour une petite glace au yaourt du Glacier du Roi et je ne l'ai pas regretté !

 Le Glacier du Roi - 4, place de Lenche - 13002 Marseille

D'ailleurs, à quelques pas de là, les Navettes des Accoules peuvent accompagner parfaitement la glace. Mais ce n'est qu'une suggestion bien sur !
Les Navettes des Accoules - 68 rue Caisserie - 13002 Marseille

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Puis, j'ai regagné les quais du Vieux Port, où l'on trouve toujours des tas de choses ... surprenantes.  

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Pour finir, l'indispensable "selfie sous l'ombrière", installée depuis l'année dernière, que tout bon Marseillais qui se respecte a pris au moins une fois (oui je sais, il est prévu que je me fasse les racines sous peu)


C'était une bien belle journée. Il faisait beau et chaud. Ca sentait le printemps. 
Et tu sais quoi ? 
Je n'ai pris aucun coup de couteau.
J'aime ma ville. 

 

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 Ah oui, et sinon, le lendemain dans le métro un putain de chewing-gum s'est collé sous mon sac. Je m'en suis rendue compte une fois que je l'avais bien étalé partout sur mon pantalon, ma veste, mes doigts. 
Je déteste ma ville. 

 

La prochaine fois, je t'emmène à Notre Dame de la Garde !

Et toi, du temps pour toi ces derniers temps ? 

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mercredi 9 avril 2014

Mais pourquoi, en cuisine, c'est jamais comme sur la photo ?

Alors hier soir, c'était mardi soir
Et à la maison, qui dit mardi soir dit : soirée en tête à tête because les enfants de Chéri sont chez leur mère.
C'est pas super acceptable socialement mais tu sais quoi ?
On est tellement contents que parfois dès qu'ils passent la porte, on fait quelques petits pas de danse
Ouais ok, ça se fait pas (mais on les aime quand même hein).

Bref, hier soir donc, histoire de montrer à Chéri que je ne suis pas uniquement la reloue qui râle après ses enfants, mais que je pouvais aussi être une femme attentionnée et aimante, j'ai décidé de préparer un super repas

Et ben ouais. 
Mais léger le repas parce que on avait passé le week end à engloutir des saloperies. 

Un repas classe et léger.
Ok pas de problème, on y va. 
J'étais remontée à bloc parce que la veille (lundi donc), j'avais regardé TOP CHEF et ça avait l'air facile. Puis sur Hellocoton, j'avais repéré la recette de Dolly Jessy depuis un petit moment. 

Capture d’écran 2014-04-09 à 11Copyright : DollyJessy

Coucou le petit jardin de légumes tout mignon et le saumon sauce au beurre blanc. 


Tout à fait à ma hauteur. 
Quand il va voir ça, le Chéri il va ha-llu-ci-ner

Le problème, je dirai même, un des problèmes les plus cruciaux de ma vie, c'est que je suis incapable de suivre une recette plus de 3 lignes
J'ai la lecture diagonale disons. 

Ca commence plutôt bien en général, mais il y a toujours un moment où ça dérape, où il me manque un ingrédient, ou bien encore où je me sens obligée d'apporter ma "petite touche personnelle".

Par exemple, je me dis "tiens, ça serait bon si je mettais un peu de ci et un peu de ça" ou "ça m'a pas l'air terrible ... et si je rajoutais un peu de farine" ou "ah ben y'a trop de farine du coup je vais mettre un peu de lait" puis "non attends, c'est pas assez cuit" et enfin "ah ben finalement c'est trop cuit"

Impro totale.
STAND UP dans la cuisine.

Des fois, ça se passe bien et je me retrouve à dire des trucs du genre : "oh c'est improvisé soyez indulgents" alors que je sais très bien que ça déchire sa race.
Des fois, non.

Chéri a demandé : "Je peux t'aider?"
Euh oui : ne touche à rien.
C'était tellement gentil de sa part que j'ai réussi à contenir le "NE T'APPROCHE PAS DE LA CUISINE, TU VAS TOUT FAIRE FOIRER" qui me brulait la langue et j'ai dit "bien sur mon amour". 

Je lui ai montré comment faire les lamelles de légumes à l'économe pendant que je faisais autre chose. 
Je regardais du coin de l'oeil le carnage puis il m'a dit "Comme ça c'est bon?"

Hum.

Pardonnez moi, dieu du Top Chef mais l'amour n'empêche pas l'objectivité : je n'ai jamais vu de lamelles de légumes si moches.
C'est ma faute aussi.
J'aurai du lui confier la mission de touiller la sauce au beurre point barre.
J'ai dit "Tu veux pas plutôt que je les fasses?"
Il a dit qu'on s'en foutait de la présentation et que c'était très bien comme ça

C'est là que j'ai dit, avec un volume sonore légèrement plus élevé que la normale :  "COMMENT ÇA ON S'EN FOUT ?! NON MAIS SI C'EST POUR FAIRE N'IMPORTE QUOI, JE PRÉFÈRE ME DÉBROUILLER TOUTE SEULE !!"

Bonjour la soirée d'amour qui commence bien. N'oublions pas que je voulais jouer la femme aimante.
Mais j'étais à cran tu comprends. 
Dans ma tête, j'entendais presque Stéphane Rotenberg me crier " dépêchez vous, il vous reste 1h".

Finalement, d'improvisations en rajouts ou suppressions d'aliments que je n'avais pas dans mes placards, est arrivé le moment où on a pu manger.


ET LA, MESDAMES ET MESSIEURS, SOUS VOS YEUX ÉBAHIS ... 
TADAM ! 

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Oh ça va, hein.
Puis en plus, on s'en fout de la présentation... 

 

 

Et toi, quand tu cuisines, ça ressemble à la photo de la recette ?
Fais moi rêver, c'est quoi ta spécialité ?
Tu regardes Top Chef ? 


Ps : Pour retrouver la recette, c'est ici : http://dollyjessy.com/2014/03/30/jardin-de-legumes-saumon-sauce-au-beurre-blanc 

Posté par Laurie6882 à 15:24 - - Commentaires [22] - Permalien [#]

lundi 7 avril 2014

Crop top, robe à lunettes et autres bizarreries

L'autre soir, pendant que les mecs étaient partis à la FNAC acheter la PlayStation 4 (Saint-Graal de tout bon adolescent qui se respecte), j'ai fait du lèche-vitrines.
Au moins 1 mois que je m'étais pas acheté ne serait-ce qu'un petit quelque chose.
Autant vous dire qu'un sevrage d'héroïne à côté, c'est rien. 

Et bien, comment vous dire ... j'ai été surprise.

C'est comme si toutes les fringues dans les boutiques avaient été vidées en mon absence et avait été remplacées par du moche.
Mais genre super moche.  

Vise un peu : 

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 Etam 

 

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 Zara

 

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 Promod

 

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 Naf Naf

 

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 Naf Naf encore

 

Dieu sait pourtant que j'adore Naf Naf et que la moitié de la collection d'hiver dort dans mon placard (bonjour, je fais de la compulsion vestimentaire) mais la collection été... comment dire ... WTF ?!

Quelle est la nana (de plus de 12 ans ET normalement constituée dans sa tête) qui va porter un crop-top ou une robe à lunettes

J'étais déçue, j'te raconte pas.
Frustrée aussi.

J'ai rejoint les mecs à la FNAC. Quand ils m'ont vus, ils ont dit "Déjà?!".
Ils pensaient être débarrassés de la belle-doche reloue pendant un bon moment. Raté.

Du coup, je me suis acheté un livre : Les Apparences de Gillian Flynn.
Je déteste les livres policiers mais là je sais pas, y'a du noir ET du rose sur la couverture alors je me suis fait avoir. 
Je fais vraiment n'importe quoi, JE SAIS. 

Voilà.
C'était la pire virée shopping de toute ma vie.   

Et toi, des coups de coeur?
Des envies shopping ces derniers temps ? 

Posté par Laurie6882 à 11:22 - - Commentaires [17] - Permalien [#]

lundi 31 mars 2014

Le bonheur, c'est simple comme ... #mars

En mars, le bonheur, c'était simple comme : 

 

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Une escapade à la montagne début mars, le plaisir de voir un peu de neige, et en même temps, bronzer en un temps record grace au soleil.  

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Une magnifique tarte au citron pour porter les 15 bougies du fils de Chéri (après un festin d'hamburgers maison) et ce repas où j'ai mis les pieds sous la table pour déguster ce succulent homard. (c'est pas en mars que j'ai minci, vous l'aurez compris)


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Se réveiller tard, traîner au lit, et prendre ce sublime petit déjeuner en tête à tête sur la terrasse ensolleillée. Profiter de l'arrivée du printemps pour ressortir les tee-shirt et les lunettes de soleil, papoter et lire des magazines.

 

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 Un après-midi "plan foireux" avec une copine et des fous rires mémorables à essayer de faire redémarrer une batterie de voiture avec des pinces cassées. (Bonjour, nous sommes blondes). S'avouer vaincue et finir par demander l'aide d'hommes dans la rue. 


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Cuisiner des pizzas maison tout en chantant Peau d'Ane
"Préparez votre, préparez votre pâte ...
Dans une jatte, dans une jatte plate ...
"


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Un jean boyfriend et des escarpins. 

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Le bouledogue qui regarde les résultats des élections municipales sur Internet pour savoir qui c'est qui va décider de l'ouverture des jardins municipaux toussa toussa (les espaces verts, c'est sa préoccupation principale)

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Des parties enflammées de Trivial Pursuit entre amis. Putain, tu le connais toi le nom du roi qui change tout en or ? Ou bien alors la ville natale du peintre Ingres ? Ben Chéri, oui. (c'est le cerveau du couple). Moi j'étais nulle et j'ai fait que lancer le dé (je faisais 3 quand il fallait faire 6 et je me faisais engueuler). Et sinon, des fois j'ai répondu à des questions dont personne ne connaissait la réponse et je faisais genre "ah bon, mais vous ne connaissez pas ça? j'hallucine quoi". Une vraie connasse. 

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3 bouquins lus : 
- "Au revoir là-haut" de Pierre Lemaître . Prix Goncourt 2013, ce roman raconte l'histoire d'Edouard et d'Albert, deux survivants de la guerre de 14-18. Si à première vue le thème ne m'affolait pas plus que ça, j'ai finalement été séduite par l'originalité. On parle souvent et à juste titre de l'horreur de la guerre, mais que s'est-il passé juste après ? Que sont devenus les soldats ? Comment ont-ils été réinsérés dans la société ? Comment reconstruire un pays tout entier ? Un très beau roman sur l'après-guerre, sur l'illusion de l'armistice, sur cette génération sacrifiée et sur la folie humaine. J'ai beaucoup aimé. 

- "Les solidarités mystérieuses" de Pascal Quignard. Autre ancien goncourtiste (?), mais au style radicalement différent, Pascal Quignard nous propose un roman sur l'Amour avec le style d'écriture très particulier qui le caractérise. C'est une histoire a plusieurs voix puisque chaque personnage prend tour à tour la parole. Côté ambiance, ça ressemble aux "déferlantes" de Claudie Gallay : la Bretagne, les landes, le vent, la pluie... Côté philosophique : l'errance, l'introspection, la méditation, la contemplation... C'est beau. C'est sobre. C'est juste. J'ai aimé mais je le conseille uniquement pour ceux qui aiment les romans avec une grandeur d'âme où il ne se passe pas grand chose. 

- "La tête de l'emploi" de David Foenkinos. 3ème livre, 3ème style aux antipodes des 2 premiers. David Foenkinos raconte l'histoire de Bernard, qui a 50 ans, marié, un enfant, un emploi de banquier et qui perd tout du jour au lendemain : sa femme le quitte, il est mis à la porte de son travail et de sa maison... Bref, des catastrophes en séries. Ca pourait être tragique, mais comme c'est David Foenkinos qui manie la plume, c'est plutôt amusant et touchant. Ce n'est toutefois pas son meilleur roman d'après moi mais c'est sympa. Un peu comme un sorbet citron un jour d'été. 

 

Et au niveau "j'ai pas fait de photos mais c'était chouette quand même" : 
- Un week end dans le Tarn (à se geler les miches). Une super assiette de crudités (après 2 jours de charcuterie et fromage, tu kiffes) et un cheesecake partagés avec la plus sympa des Albigeoises le temps d'une soirée.
- Le fait que je continue à aller au sport au moins 2 fois par semaine.
- l'ouverture d'une immeeeeeense boutique Naf Naf pas loin de chez moi. (Je suis morte)
- avoir acheté des gants de jardinage (et en être ravie), chose qui signe indéniablement mon entrée dans l'âge adulte (ou pas). 

 

Et toi, ton mois de mars ? 
Des petits plaisirs ? 
Des lectures à conseiller ?

 

 

PS : Tiens c'est cadeau : 

Le Cake d'Amour - Catherine Deneuve - Peau d'Ane

JE VEUX UNE ROBE COULEUR DE SOLEIL ET UNE COURONNE POUR CUISINER BORDEL DE MERDE.

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dimanche 23 mars 2014

Petite histoire de racisme ordinaire

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Hier matin, je suis partie à la boulangerie acheter de la pâte à pain parce qu'on avait prévu de se faire une soirée pizza devant The Voice
(Excuse-moi d'avoir des projets de vie

Il était 9h30 et, comme souvent, la boulangerie était noire de monde. 
J'entre, je dis "bonjuuuuuuur" aux gens (même si j'aime pas trop les gens) et, bien sagement, je fais la queue comme tout le monde. 
Tout en bavant devant les viennoiseries (j'ai carrément un problème avec les croissants)(ils m'appellent, je te jure, c'est dingue)

Bref, tout à coup, absolument tous les regards sans exception se tournent vers la porte qui vient de s'ouvrir

Un jeune couple, main dans la main, vient d'entrer et tout le monde les regarde. 
Ils sont détaillés comme des bêtes de foire, des pieds à la tête par des regards soit choqués soit effarés. De toute évidence, leur présence n'est pas la bienvenue. 

Le problème ? Le jeune homme était en djellaba, chapeau et portait une barbe longue. 
Quant à sa femme, elle était entièrement cachée sous un niqab. 

Ils auraient eu une pancarte avec écrit "Bonjour, nous avons 5 kg d'explosifs sur nous et nous allons tout faire péter" que les gens n'auraient pas eu l'air plus terrifiés.

AMBIANCE DANS LA BOULANGERIE.

Ils se mettent derrière moi dans la queue. 

Une fois la surprise passée, tout le monde a repris ses activités trépidantes en attendant d'être servi, tout en lançant des petits regards discrets. On sait jamais, des fois qu'ils dégainent une kalachnikov pour pas payer leur baguette.

Seul un homme, 70-75 ans, continuait à les fixer outrageusement. Il ne les quittait pas des yeux, tout en soufflant et en faisant "non" de la tête.
 

Son insistance était totalement abusive et irrespectueuse
Même en n'étant pas visée par son regard, il m'a dérangé, alors j'imagine la situation du couple. 

Forcément, au bout d'une minute, l'homme en djellaba lui demande "Vous avez un problème Monsieur?"
Et l'autre de lui répondre : "Oui ! C'est pas Carnaval!!"

Forcément, ça a dégénéré
L'homme en djellaba s'est énervé en disant au vieux " je ne manque pas de respect pour votre femme alors ne manquez pas de respect pour la mienne!"  
Le vieux regardait ses chaussures sans plus rien dire, visiblement apeuré de la réaction que lui-même avait provoqué. Le courage incarné.
La femme au niqab suppliait son mari de "revenir près d'elle et de laisser tomber".  
Comme ils étaient derrière moi, je n'ai pas pu m'empêcher d'ouvrir ma gueule de lui conseiller aussi de laisser tomber.
Personne d'autre n'a bronché.

J'ai toujours refusé de parler sur ce blog de politique ou de religion parce que ça n'a pas sa place ici. 
Je ne dis pas que je suis pour la burqua, le niqab, l'extrémisme ou autre. 

Mais je suis pour la tolérance.
Et la scène à laquelle j'ai assisté hier, c'était tout sauf de la tolérance et du respect. 

Parce que concrètement, à part parce qu'ils étaient différents de nous, en quoi ce couple dérangeait les gens ?

Peut être qu'ils tiennent des propos haineux sur les Français ou la France (comment leur en vouloir après ça ?). 
Peut être qu'ils n'arriveront jamais à s'intégrer. 
Peut être qu'ils transmettront tout ça à leurs enfants. 

PEUT ÊTRE. 

Ou peut être que c'était juste un couple qui venait acheter son pain et qui ne demandait rien à personne.
 

Je vous raconte ça parce que cette scène m'a choquée et qu'elle m'a habitée toute la journée

Et aussi, parce que tout à l'heure, on va mettre des bulletins dans des urnes pour choisir des maires et que, en réaction à tout ça, j'ai un peu peur de ce que va faire ma ville. 
Je crois qu'on devrait tous réfléchir à deux fois avant de mettre n'importe quoi dans ces putains d'urnes et se rappeler que l'histoire nous a montré que quand l'extrémisme est au pouvoir, ça ne donne jamais rien de bon

Bon dimanche ! 

PS : Sinon, les pizzas, c'était de la bombe. 
(n'y voyez là aucun jeu de mot)

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mardi 18 mars 2014

Le temps de l'Amour ...

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Il flotte en ce moment à la maison une douce ambiance d'adolescent amoureux
Le fils de Chéri vient de fêter ses 15 ans et il semblerait qu'il commence depuis quelques temps à connaître les joies amoureuses.
Évidemment, nous sommes rarement au courant de qui met sa langue dans la bouche de qui dans son collège et quand on lui pose la question, il nous regarde avec dépit comme si on ne comprenait vraiment rien à la vie et qu'on était deux vieux cons

Ce qui nous a mis la puce à l'oreille ? 
Oh 3 fois rien. 
Peut être le "tululu", sonnerie bien connue des propriétaires d'iphone, qui prévient d'un nouveau SMS et qui sonne en permanence chez nous. 
Ou le "zzzzzz zzzzz" du vibreur quand on est à table. 
Ou le fait qu'il ait en permanence la tête baissée et une lumière bleue qui reflète sur son visage.

Au début, j'ai cru que c'était le téléphone de Chéri et j'ai commencé à péter des câbles intérieurement parce que mon esprit malade prévoyant imaginait qu'il se faisait harceler de sms larmoyants de ses ex. Non parce que ... Les ex, on a beau s'en débarrasser, ça revient toujours. TOUJOURS. C'est comme la mauvaise herbe. Ou la poussière. Ou les morpions aussi. 
Bref. Passons. 

Très vite, j'ai compris que son téléphone était aussi silencieux que le mien et que l'objet de toutes les convoitises, ce n'était pas lui. 
J'ai été contente, j'avoue. 

Des SMS par milliers donc, mais aussi des conversations téléphoniques qui durent des heures enfermé dans sa chambre. 

Très vite, il y a eu ce moment où j'ai pensé : "Mais que peuvent-ils bien se raconter au téléphone pendant des heures à leur âge???!". 
Là j'ai compris que, sans m’en rendre compte, j'étais effectivement devenue une vieille conne. 

Mes 15 ans ne sont pourtant pas si loin et quand je m'y replonge, je n'ai effectivement pas souvenir de ce qu'on pouvait bien se raconter pendant des heures au téléphone mais il est certain qu'on restait tout aussi longtemps. 

Je me suis souvenue des premières lettres enflammées que j'ai reçue. Mon petit ami, tout aussi boutonneux et appareillé que moi, avait fait la liste des trucs qu'il aimait bien chez moi. Ça allait de trucs normaux (mes yeux, ma bouche) à des trucs plus spaces (exemple : mes bras, "ni trop maigres ni trop dodus" avait-il écrit) (really? quel mec de 15 ans aime des bras?)(je ne sais pas ce qu'est devenu ce mec aujourd'hui mais il est à peu près sur qu'il a mal tourné, sexuellement parlant).
Bref, tout ça pour dire que recevoir cette lettre, qui lue aujourd'hui serait ridicule, avait été pour moi une source de joie rarement éprouvée.

Et puis, il y a eu ce garçon, à 13 ans, qui parce qu'on avait échangé quelques centilitres de salive (ça bave un max, un ado qui embrasse) croyait que ça lui donnait le droit de mettre sa main dans ma culotte. (Heu, t'es gentil chéri mais tu vas enlever ça TOUT DE SUITE

Et puis, il y a eu tous ces regards dans la cour du collège, les confidences entre copines, les pages noircies de noms de garçons dans mon journal intime (j'étais très coeur d'artichaut et tombais amoureuse à peu près toutes les 3 heures), les râteaux qui font mal pris en pleine face, les moqueries, cette volonté d'être comme tout le monde, ces heures devant la glace à essayer d'apprivoiser ce corps disgracieux qui grandit trop vite, ces poils qui apparaissent et ces boutons horribles.

Et puis, il y a eu "le premier". Le vrai premier. A 16 ans. 
La force des sentiments. La certitude de ne jamais pouvoir aimer à nouveau après lui. Être certaine que le premier sera le dernier. 
16 ans, c'est si jeune. Est-on vraiment prêt à cet âge là ? 

Quelle étrange période que l'adolescence. 
Un moment où tout est une découverte, à la fois beau et terrifiant.
Il y a de la magie dans les amours adolescentes. 
Elles sont pures et pleines d'espoir. On les vit pleinement, comme si on allait mourir demain. 

C'est seulement après, quand la vie a apporté son lot de désillusion, que l'on porte un autre regard sur les relations amoureuses. La pureté laisse place à la méfiance. Peut être n'aime-t-on jamais aussi intensément qu'à cette période là. 

Jamais personne ne devrait pouvoir dire que les amours adolescentes, ce n'est pas sérieux.
Bien au contraire.  

 

Et toi, tes premiers amours ? 

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mardi 11 mars 2014

Evidence

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C'est une histoire qui a commencé alors qu'une autre se finissait. 
Pas très honnête diront certains. Carrément dégueulasse diront les autres. 

Il y a deux ans, j'étais en couple alors que je détestais cette notion. 
Se tenir la main dans la rue ? Pas question. 
Faire un seul bagage quand on part en week-end ? Pas pour moi.
Se donner des surnoms ridicules qui dégoulinent de miel ? No way.
Le quotidien ? Un tue-l'amour. 
Devenir "nous" plutôt que "je" ? Affligeant.

J'avais connu trop d'histoires. Des belles. Des moins belles. Des qui finissent mal. Des sordides. Je m'étais heurtée à tant de murs que je m'étais abîmée. 
Alors je m'étais rangée, comme on dit.  
En couple depuis plusieurs années... Bientôt nous allions avoir une maison, des enfants, un labrador. 
Une vie toute tracée avec un homme parfait à qui je n'avais absolument rien à reprocher.
 
J'essayais de rentrer tant bien que mal dans ce moule que je m'étais moi-même imposé tout en sachant qu'il ne me convenait pas. 
Pas le bon endroit, le bon moment, la bonne personne. 

Paradoxalement, même si je souffrais, l'idée d'en sortir me terrifiait. Toujours à cause de ce manque de confiance terrible qui me faisait douter en permanence... De toute façon, comment pourrais-je me débrouiller toute seule ? Et puis, qui d'autre voudrait de moi ? 

Pour moi, l'amour, c'était fini. Le seul homme que j'avais vaguement aimé n'avait pas voulu de moi. Il en avait épousé une autre et 15 jours après son mariage, il avait fait de moi sa maîtresse. Bonjour le sordide. J'avais même pas eu le courage de lui dire non et m'étais précipitée dans son lit. C'est bien la preuve que je n'étais bonne à rien. 

J'étais condamnée à rester dans cette situation jusqu'à la fin.
Un couple de façade.  
Une mascarade. 

Et puis, sans le vouloir, je dirais même en faisant tout le contraire, je l'ai trouvé.
Une rencontre 2.0 sur un site où l'on rencontre tout sauf l'amour.  
Ça a commencé par un clic.
Puis un mail de temps en temps. 
Puis un par jour.
Puis, 2, 3, 4, 5... 10... 15 par jour. 
Puis les SMS. Les coups de fil. 

Pendant 2 mois, j'ai vécu comme un robot en pilotage automatique.
Ne penser qu'à ça. Qu'à lui. Jour et nuit. Ne plus dormir. Ne plus manger. Maigrir sans le vouloir. Fumer un paquet de cigarettes par jour. Sentir qu'on est de moins en moins à sa place. Savoir qu'il faut faire quelque chose mais être terrifiée. Ne rire qu'avec lui. Faire la tronche le reste du temps. Les soirées interminables où l'on devait se passer l'un de l'autre. Se languir le lendemain où ses mots attendaient sur ma boite email. Sentir des papillons dans mon ventre à chaque sms. N'être apaisée qu'au son de sa voix. Passer 3h au téléphone. Faire des projets. Ignorer tout le reste. Se dire que c'est de la folie. Ne pas pouvoir faire autrement. 

 
Puis un beau matin au réveil, après une énième nuit sans sommeil, j'ai réussi à dire les mots à celui qui partageait ma vie. Des mots qui font mal et qui ont fait de moi la méchante "Je ne suis plus amoureuse de toi" "Je veux qu'on se sépare" "Maintenant" "Non, arrête, il n'y a plus rien à faire" "tu es parfait, je n'ai rien à te reprocher" "c'est moi qui ne suis pas à ma place". 

J'ai mis toutes les affaires que je pouvais dans le coffre de ma voiture et j'ai fait 500 kilomètres direction le sud. 

Quelle folie... on ne s'était encore jamais vus ! En roulant, je me disais : "peu importe ce qu'il adviendra ... quand bien même cette histoire ne donne rien, cet homme m'aura au moins donné le courage d'être moi. C'est déjà énorme

Le soir même, il était devant mon nouveau chez moi et c'est avec la boule au ventre que je suis sortie. 
Tellement certaine de ne pas lui plaire, que la magie allait retomber, que j'allais faire foirer toute l'histoire.
Lui aussi allait préférer une autre, c'est évident.
Une femme plus belle, plus drôle, plus intelligente.
Comment était-ce seulement possible qu'un homme comme lui s'interesse à moi ?  

Je suis montée dans sa voiture en tremblant et nos lèvres se sont trouvées toutes seules. 
Entre deux baisers, on échangeait des "mon amour" passionnés. 
Comme ça. 
Naturellement. 
Le premier soir. 
Parce que c'était simple. C'était évident. C'était lui. 
"Ça va trop vite" m'ont dit certains. "Fais attention" "tu vas le regretter"
Oh que non. On a déjà perdu tellement de temps. 

C'est là que la notion de "couple" a pris tout son sens. Aujourd'hui, on se lâche rarement la main, sauf quand on est vraiment obligés, j'adore quand on prépare "notre sac" pour partir quelque part et les surnoms qu'on se donne parfois sont tellement ridicules qu'il m'est impossible de les écrire ici même s'ils me font fondre. Aucun autre homme ne m'attire. Je ne peux même pas m'imaginer dans d'autres bras. La solitude que j'affectionnais tant autrefois me semble invivable. Sans lui, tout semble gris. 

C'était il y a deux ans.
C'était le premier jour de reste de ma vie. 

On a instauré un rituel : chaque année, à notre date d'anniversaire, on se fait des spaghettis, on s'amuse à faire un bilan et à se dire si on repart pour une autre année ou pas. 
 
On a rendez-vous ce soir à 19h30.
J'ai hâte de savoir quelle va être sa réponse. 
Moi en tout cas, j'ai déjà choisi la mienne. 

"Les folies sont les seules choses qu'on ne regrette jamais" - Oscar Wilde

 

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jeudi 27 février 2014

Le Bonheur, c'est simple comme ... #février

En février, le bonheur, c'était simple comme : 

 

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Un cake au citron qui déchire sa race. Tu sens le moelleux à travers l'image ? Ben, c'était ça mais en mieux. Je n'en ai jamais mangé un aussi moelleux (mais pas mou), citronné (mais pas acide), et doux (mais pas trop sucré). Bricolé en 10 minutes le matin à 8h, il est facile et inratable (sauf si vous le ratez, bien sur). La recette de Bernard, c'est ici.

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 Un après-midi pluvieux à regarder des films d'auteurs. Ah John Cassavetes (coeur avec les mains).

 

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Un samedi soir devant The Voice à manger des hamburgers-frites maison. Ouais, j'ai fait le pain (je m'aime). 

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 3 livres aussi différents les uns que les autres : 

- Les perroquets de la place d'Arrezzo d'Eric Emmanuel Schmitt qui parle de l'amour sous toutes ses formes. C'est un peu long à démarrer (12 ou 13 chapitres pour présenter les personnages, WTF ?) et j'ai failli laisser tomber mais j'ai tenu bon et je ne le regrette pas. Ça se lit bien et c'est assez plaisant. Un peu trop d'échangisme à mon goût mais bon, j'ai aimé (le livre, pas l'échangisme hein)
- Le bonheur conjugal de Tahar Ben Jelloun. Un livre qui parle d'un peintre cloué sur un fauteuil depuis un AVC et qui nous raconte que le mariage, c'est trop nul et que sa femme est super méchante. Et puis d'un coup, bim, c'est sa femme qui prend la plume pour donner l'autre version de l'histoire. Alors, c'est qui le méchant hein ? J'ai beaucoup aimé. 
- Karoo de Steve Tesich. Karoo, c'est un cinquantenaire égoïste et cynique qui noie ses névroses dans la vodka. On aurait pu le croiser dans un David Lodge et même s'il fait que des conneries et qu'on voit arriver le drame, il est tout de même terriblement attachant, ce vieux con. J'ai beaucoup beaucoup aimé. 

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 Une séance de magie (ou peut être est-ce du maquillage?) chez Sephora. Le matin, la coiffeuse est venue à la maison me faire les racines. L'après-midi, je suis allée chez Sephora qui, pour 15€, te propose un maquillage de 20 minutes soit les yeux, soit le teint, soit la bouche. Tu peux aussi combiner le tout et ressortir comme un camion volé. J'ai choisi qu'on s'occupe de mes yeux. Le résultat est bluffant. Sans vouloir me vanter, après la coiffure + maquillage, j'avais de faux airs de Scarlett Johansson (Sans me vanter bien sur) 

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 Un apéro avec un verre de vin rouge, du saucisson et des cornichons. 

 

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Un amandier et un mimosa en fleurs. Ça sent le retour du printemps, ça sent les beaux jours, ça sent les petits oiseaux qui gazouillent... Aaaah, tout ça me met en joie. 

 

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 Un bouledogue qui explose ses jouets en 1 minute 40 secondes et qui boude parce qu'il voudrait bien en détruire un autre

 

 

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 Une seule caisse ouverte, une enfilade de caddies et 20 minutes pour acheter un rouleau de Scotch (#desperatehousewife)

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 Une journée toute seule à la maison et un repas de midi pris à 14h pas très "5 fruits et légumes par jour". 

 

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Un shopping spécial boobs avec cette blouse manches 3/4 Naf Naf colorée et au décolleté parfait et ce petit pull fin à large encolure qui, portés avec un Push Up, font croire à tout le monde que j'ai des nichons.

 

Et toi, ton mois de février ?  

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dimanche 23 février 2014

Papa, où t'es ?

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C'était le 23 février 2011, à 9h03.
Il y a 3 ans exactement. 
Un mercredi. 

Ma mère et moi étions en train de prendre le petit-déjeuner. 
Un rayon de soleil matinal pointait à travers la vitre et nous réchauffait le visage. Il faisait bon. La journée s'annonçait radieuse. 

Ni elle ni moi ne parlions. 
Fatiguées aussi bien physiquement que mentalement, nos visages étaient cernés, fermés, marqués  par le calvaire que nous vivions. 
La maison était silencieuse, calme, paisible, rangée. Rien ne laissait paraître le marasme qu’il avait régné ici même il y a encore quelques jours. Les cris de douleur, les cris qu’on voudrait pousser mais que l'on retient et qui dévorent le ventre, les larmes, les blessures à l'âme qui ne cicatriseront jamais, les nuits interminables sans sommeil où la folie rode.

Cela faisait 4 ans que mon père se battait contre la maladie et 5 jours qu'il était en soins palliatifs. 
5 jours que nous savions qu'il allait mourir et qu'on attendait le moment.
5 jours que nous allions le voir à l'hopital et que nous étions témoins d'un combat perdu d'avance.
5 jours au bout desquels on en vient à souhaiter la mort de quelqu'un qu'on aime.

Quand le téléphone a sonné ce matin là, c'était une évidence. 

Elle a laissé son bol de céréales encore plein sur son plateau et elle s’est levée pour aller répondre dans la cuisine. Peut être voulait-elle être seule face à elle-même quand elle l’entendrait. Peut être ne voulait-elle pas que j’entende et qu’elle voulait me le dire, après, avec ses mots. Peut être n'a-t-elle même pas eu conscience de se lever. 

A travers ses réponses, j'ai eu la confirmation de ce que je savais déjà. 
"Oui bonjour docteur" "Quand ça ?" "Je le sentais ce matin" "Je ne sais pas encore" "Je vous rappelle".

Pendant ce temps, j’ai pensé "Est ce qu’elle va finir ses céréales ?" Est ce qu’on peut se rasseoir et finir de déjeuner après ça ?" 

J'ai compris que quelque chose ne tournait pas rond chez moi. Qui peut se poser se genre de question à l'instant même où l'on annonce la mort de son père ? Comme si mon esprit avait besoin de se raccrocher à quelque chose de concret et de tangible pour ne pas sombrer. Des céréales. Un petit déjeuner. Débarrasser. Faire la vaisselle. Avancer. Ne pas penser. Continuer. 

Je suis sortie de ma torpeur pour la serrer dans mes bras. En raccrochant, elle a bredouillé "Il est parti, chérie". J'ai dit "Je sais". 

Elle m'a expliquée que nous avions le choix d'y aller ou non, de le voir ou non. Ma réaction a été instantanée. Épidermique : Hors de question de voir mon père mort.
D'abord, c’est comment un mort ? A partir de combien de temps est-ce qu’on devient froid ? A partir de combien de temps commence-t-on à se rigidifier ?

Ma mère était plus partagée, elle ne savait que faire. Je la regardais, hésitante. Si forte, si fragile. Très vite, elle est finalement partie pour l'hopital. 

Le bol de céréales est resté sur le plateau. Intact. 

A présent seule dans la maison familiale, je me suis assisse sur le lit de mes parents. J'ai passé ma main sur les affaires de mon père, ses chemises, son manteau. 
Dans la poche, il y avait ses gants ... et ses mouchoirs qu’il trimballait partout. J’ai pensé qu’il ne le mettrait plus jamais et je me suis demandé ce qu’on pouvait bien faire du manteau d’un mort. 


Un jour vous êtes là, vous rentrez chez vous, vous posez le manteau sur le dossier de la chaise. Et le lendemain (ou presque), vous êtes mort. On prend votre manteau et on le met dans un grand sac poubelle. Hop, direction la décharge.

Et c'est comme ça pour tous les objets que vous avez accumulé et qui vous semblaient importants. A quoi ça sert, tout ça ? 

Je suis restée un moment dans le silence et la méditation. Tant de larmes avaient coulé depuis des mois que je n'y arrivais plus.  

Le téléphone a sonné, j’ai décroché. 
Le service commercial d’Orange était très en verve ce matin là. Je n’ai pas réussi à l’arrêter. Pendant qu’il me vantait les mérites d’une connexion WIFI doublée d’un forfait exceptionnel permettant d'appeler les fixes et les mobiles en ILLIMITÉ, j’ai pensé « Mon père est mort il y a 20 minutes ... Qu’est ce que ça peut bien me foutre ?"

Je l'ai remercié poliment. Je n'étais pas intéressée. 
Je suis sortie prendre l'air dans le village et mes pas m'ont guidé vers l'église. J'y suis rentrée, me suis assise au premier rang. Ça sentait l'encens. Je déteste l'encens. Les vannes se sont ouvertes sans même que je le veuille. Je n'arrivais pas à arrêter le torrent qui coulait de mes yeux. Je n'avais jamais prié mais j'ai demandé à Dieu d'accueillir mon père. 

De retour à la maison, j'ai compris que ça n'allait pas. Il fallait que je sois à l'hopital moi aussi. Avec ma mère, ma tante, ma grand-mère. Peu importe ce que je pouvais faire ou si c'était difficile. Il FALLAIT que je sois là. 

Je suis allée à l'hopital en bus. Je regardais les gens et me sentais tellement loin d'eux. Ils allaient sans doute au travail, faire des courses, chez le docteur peut-être. Combien d'entre eux allaient voir leur père sur son lit de mort ? 

J'ai retrouvé ma famille sur place et la responsable des soins palliatifs m'a accueilli. Elle m'a demandé si je voulais le voir et j'ai dit oui. 
Elle m'a accompagnée jusqu'à la chambre. Dans le couloir, elle m'a dit "C'est la première fois?". 
J'ai failli répondre "Que je vais voir le cadavre de mon père ? Oui, c'est la première fois". 
J'ai finalement opté pour un simple "oui"

On est entrés dans la chambre et je l'ai vu pour la dernière fois. Pâle, fatigué d'un combat acharné, mais apaisé. 
La responsable m'a laissé seule avec lui. 
J'ai caressé sa joue, elle était un peu froide. 
Son oeil était très légèrement ouvert alors j'ai essayé de le fermer mais je n'ai pas réussi. 
Il y a que dans les films que ça marche aussi bien. 
Je l'ai embrassé, serré ses mains, et entre deux sanglots, je lui ai dit combien je l'aimais. 

Chacun s'est recueilli un moment près de lui. Puis, on a pris ses affaires, quelques vêtements et une trousse de toilette, et on est parti. 
Sur nos pas, ils ont du le mettre dans un grand sac plastique et tirer la fermeture éclair. 
Ziiiiip. 
Fini. 
Rideau. 
Merci pour tout.

Un ciel sans nuage nous attendait dehors. Il faisait une chaleur printanière. Les amandiers étaient en fleurs. 
Des enfants jouaient devant l'hopital. 
La vie continuait. 

La vie continue. 
Aujourd'hui encore quand je regarde cette photo affichée dans mon bureau, mon coeur se serre. 
On me voit avec ma mère et mon père. La main gauche de mon père effleure tendrement le dos de ma mère tandis que sa main droite tient mon bras. Nous ne savons pas que nous étions pris en photo à ce moment là. 

Parfois encore, je sens encore la chaleur de sa main sur moi. Et sur ma peau, cette petite pression, paternelle, rassurante, qui me dit "je suis là, près de toi, ne t'en fais pas, tout va bien".

Et j'en suis sûre, il est bel et bien là.  

Posté par Laurie6882 à 08:35 - - Commentaires [40] - Permalien [#]

lundi 10 février 2014

Top 5 Beauté #1

Mettons tout de suite les choses au clair : Loin de moi l'idée de me prendre pour une blogueuse Beauté.
Si tu voyais ma gueule cernée, tu comprendrais tout de suite l'ironie de la chose. 
Mais, je me suis dit que JUSTEMENT
Ben ouais, justement, je suis pas un mannequin, pas une bombasse atomikasse, pas une fille de magazine photoshopée, je suis juste normale
Et en tant que fille normale qui aime bien tester un milliard de produits (bonjour, je suis la cible parfaite pour les publicitaires), je me suis dit que vous présenter mes produits beauté chouchous (et pas ceux qui coûtent 100$ le gramme et qu'on pourra jamais s'offrir) serait peut être un truc sympa. 

A retrouver de temps en temps donc, une sélection de 5 de mes produits Beauty adorés ou détestés
On commente tout de suite avec : 

 

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1. Masque Miraculous Recovery de John Frieda - en GMS - de 8 à 10 €
Autant vous l'avouer tout de suite, je ne suis pas une vraie blonde. Et je n'ai pas les cheveux raides pour du vrai.  
Et qui dit fausse blonde dit décoloration. Et qui dit cheveux frisés dit brushing et plaques céramiques. 
Et qui dit tout ça dit cheveux niqués.
J'ai donc essayé tous les soins de la terre avant de tomber sur cette petite perle. Formule anti-casse enrichie en huile d’avocat, protéines de lait et vitamines A, C et E, ce masque pénètre le cheveu et agit directement sur les zones abîmées. Rajoutez à ça une odeur à tomber et un prix pas trop trop élevé. Je ne m'en passe plus. 
Ma note : 9/10

 

2. Masque Détoxifiant au chocolat de Ida Delam Institut pour le Club des Créateurs de Beauté - 6,90 €
Grande adepte du CCB, j'ai reçu ce masque en cadeau. La première impression que j'ai eue a été plutôt amusée : l'odeur chocolatée est vraiment très présente et ravira les plus gourmandes. Cerise sur le gateau, il tient ses promesses et laisse la peau toute douce. Malgré cela, et c'est un avis purement subjectif, je n'ai pas adhéré au concept de se tartiner de la Danette sur la tronche... Ouais je sais, c'est nul comme critique mais c'est vraiment l'impression que j'ai eu. Je ne le rachèterai pas... 
Ma note : 5/10

3. Super gommage mains de Sephora - 10,50 €
Attention, addiction. 
Si avec l'hiver, vous avez vous aussi tendance à avoir les mains toutes sèches, toutes craquelées, toutes moches, je ne peux que vous conseiller cette petite merveille. Ok, au début, on a un peu l'impression de se frotter les mains sur du crépis. Mais il laisse la peau tellement douce (et ce parfum d'amande douce!), que ça vaut vraiment, vraiment le coup !
Ma note : 8/10

4. Huile Prodigieuse de Nuxe - En pharmacie et para-pharmacie - Annoncée à 29,70 € sur le site (?) je la trouve à moins de 18€ en pharmacie
Offerte par une amie, j'ai découvert cette huile récemment et depuis, je ne peux plus m'en passer. Avec 98,1% d'ingrédients d'origine naturelle, l'Huile Prodigieuse de Nuxe est une association de 30% d'huiles végétales précieuses et de vitamine E qui nourrit, répare et adoucit le corps et les cheveux. En plus de l'odeur qui, en plein hiver, donne un goût de retour de plage, cette huile prodigieuse est vraiment prodigieuse. La peau est douce, satinée... et contrairement à ce que je pensais avant de tester, pas grasse du tout. Par contre, à éviter sur les cheveux sauf si vous aimez vous trimballer dans la rue en ayant l'air d'avoir renversé une bouteille d'huile sur votre tête (testé par votre blogueuse préférée). Très bien en soin avant shampoing par contre. 
Ma note : 9/10

5. Touche Éclat d'Yves Saint Laurent - en parfumerie - 34,50 € chez Sephora par exemple
J'achète rarement des produits aussi chers, mon budget restreint ne me le permettrait pas. Mais, étant sujette aux cernes depuis toujours (ça ne s'améliore pas vraiment avec l'age), je cherche depuis longtemps LE produit idéal, si ce n'est pour les faire disparaître, au moins les camoufler un peu.
C'est chose faite avec cette touche éclat, un stylo-pinceau qui distille la lumière et gomme les zones d'ombre et de fatigue (cernes, creux du menton, contour des lèvres et ailes du nez).
Ma note : 8/10

Et toi, tu les connais ces produits ? 
Des produits fétiches ? 

Posté par Laurie6882 à 11:02 - - Commentaires [19] - Permalien [#]



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